Si la France eut un retentissement artistique et culturel non négligeable sur les Beatles et leur travail, la réciproque n’en fut bien évidemment pas moins importante. En premier lieu parce que grâce aux nombreuses adaptations de leurs chansons pour le marché intérieur (ou à cause d’elles !), le public français découvrit très tôt leur musique, le plus souvent bien avant même d’en connaître les véritables auteurs. En effet, avec l’explosion au début des années soixante de ce que l’on a appelé la vague Yé-Yé - une expression dérivée du « Yeah Yeah » anglais, également empruntée aux Beatles - les producteurs et directeurs artistiques français, qui avaient parfaitement perçu l’impact et le potentiel commercial du rock’n’roll et de la « pop » (variété) auprès du jeune public anglo-saxon, se mirent à adapter massivement et sans vergogne, pour leurs poulains, les succès importés d’Angleterre et des Etats-Unis. Cette solution de facilité avait, entres autres, le gros inconvénient de faire obstacle aux artistes originaux qui, du coup, avaient du mal à pénétrer sur le marché français car ils étaient en concurrence directe avec leurs propres adaptations. Un comble ! Elle avait cependant au moins l’avantage de faire découvrir ces nouvelles sonorités à un public qui n’était encore que partiellement enclin à écouter des disques chantés en anglais.
Les Beatles ne furent pas épargnés par ce phénomène de récupération, loin s’en faut, puisque c’est probablement leur catalogue - avec 159 versions françaises de titres composés ou popularisés par eux - qui fut le plus exploité de ce côté-ci de la Manche. Allant du pire (le plus souvent) au meilleur (plus rarement), les adaptations fleurissaient tous azimuts, interprétées par des vedettes déjà confirmées ou des artistes plus obscurs tombés aujourd’hui dans l’oubli. La première catégorie rassemble des gens issus de la branche rock comme Johnny Hallyday, avec quatre reprises, la plus réussie étant sans doute Je Veux Te Graver Dans Ma Vie (Got To Get You Into My Life), en 1966 ; Dick Rivers, avec cinq tentatives parmi lesquelles J’en Suis Fou (Love Me Do) en 1962, Quand Je L’Ai Vue Devant Moi (I Saw Her Standing There) en 1963, ou Ces Mots Qu’On Oublie Un Jour (Things We Said Today) en 1964 ; de la variété, comme Richard Anthony, avec Toi L’Ami (All My Loving) ou La Corde Au Cou (I Should Have Known Better) en 1964, Claude François, avec Des Bises De Moi Pour Toi (From Me To You) et Laisse-Moi Tenir Ta Main (I Want To Hold Your Hand) en 1963, ou de la chanson française traditionnelle, avec Le Sous-Marin Vert, reprise très kitsch de Yellow Submarine en 1966 par Maurice Chevalier, pour ne citer que ceux-là...
La seconde catégorie comporte des artistes également issus du monde du rock, la palme revenant indiscutablement aux héroïques Lionceaux (10 reprises) qui se distinguèrent notamment avec Le Temps Est Long (It Won’t Be Long), Toi L’Ami (All My Loving), Je Te Veux Tout A Moi (I Wanna Be Your Man), ou Il Faut Revenir (This Boy) en 1964 ; d’autres oubliés évoluant plus dans la variété, comme le duo Claudette & Sylvie interprétant Oui C’est Vrai (Hold Me Tight) en 1964, ou Akim s’essayant sur Humm ! Qu’Elle Est Belle (I Feel Fine) en 1965. Plus rares enfin étaient les réels admirateurs de la « pop » concoctée avec délice par les Beatles. On retiendra cependant le délicat Erick St Laurent, qui s’en sortit avec les honneurs sur Eléonor Rigby (Eleanor Rigby) en 1966 et avec C’Est Devenu Un Homme (She’s Leaving Home), en 1967...
A partir de 1966, le processus des adaptations s’essouffla : en premier lieu parce que la musique des Beatles était plus directement connue par leurs propres disques ; ensuite parce que des compositeurs confirmés, comme Serge Gainsbourg, ou de nouveaux talents, tel Michel Polnareff, préférèrent, plutôt que de se soumettre servilement à leur œuvre, s’inspirer de leurs sonorités et de leurs arrangements, quitte à aller enregistrer leurs disques à Londres avec des musiciens anglais.
Dans un autre registre, 1966 fut également l’année de sortie de la BD Astérix chez les Bretons, où le héros gaulois au casque ailé, en mission chez ses cousins buveurs d’eau chaude et de cervoise tiède, fit la connaissance de « quatre bardes très populaires » outre-Manche. Il s’agissait là de la part d’Uderzo et de Goscinny d’un sympathique clin d’œil à une formation musicale qui avait désormais conquis le cœur de beaucoup de Français...
A l'image de Wikipedia, encyclopédie en ligne, le site Yellow-Sub.net et son contenu reposent sur un système collaboratif, où chaque internaute peut modifier un article.
Vous désirez enrichir l'article ci-dessus, car vous pensez qu'il est incomplet ? Vous avez constaté une faute de sens méritant une correction ? Alors n'hésitez pas une seconde à cliquer sur le lien ci-dessous. Votre remarque sera enregistrée, transmise aux responsables du site qui, dans un premier temps la publieront pour la soumettre aux autres visiteurs, et dans un second temps apporteront les modifications nécessaires, afin que le site puisse continuer à offrir gratuitement aux visiteurs des informations fiables et toujours mises à jour.
Attention : ce formulaire n'est pas un formulaire de contact (pour nous contacter, utilisez le formulaire de contact), ni un livre d'or (vous pouvez nous laisser un message sur notre livre d'or), ni un forum (participer au forum). L'objectif de cette fonctionnalité est d'enrichir et de corriger l'article qui vous est proposé.
Rédiger un nouveau commentaire sur cet article
Vous souhaitez créer une dicussion autour de cet article sur le forum? Copiez-collez ce code dans votre post pour faire un lien vers l'article :






















