
C’est lors du premier voyage à Hambourg des Beatles que John achètera cette guitare électrique. Il fera son choix après avoir vu le jazzman Toots Thielmans avec une Rickenbacker sur une pochette de disque. Il la choisit avec une finition naturelle, une plaque dorée et un vibrato Kaufmann. En 1960, il y fait monter chez Hessy un vibrato Bigsby B-5, un nouveau chevalet et de nouveaux potentiomètres. Plus tard il déconnecte le micro central, et en septembre 1962 il la fait peindre en noir. John utilisera cette guitare sur scène et en studio, ainsi qu’au premier Ed Sullivan Show et aux concerts du Carnegie Hall en décembre 64. Puis il l’abandonnera, sauf pour quelques morceaux de Beatles For Sale. Sa dernière apparition publique a eu lieu à l’occasion du Ed Sullivan Show en 1964. En 1972, un luthier de New York lui redonne sa finition naturelle d’origine et remplace en même temps la plaque fendue. On se demande bien pourquoi il a remplacé la plaque initiale couleur or par une vulgaire plaque blanche. La dernière utilisation studio de cette guitare aurait eu lieu lors des sessions de l’album Double Fantasy. Cet instrument inestimable a été récemment exposé au Lennon Museum de Saitama au Japon. Il est aujourd’hui la propriété de Sean Lennon. Il s’agit d’un modèle de taille 5/8è ironiquement appelé « pour bras courts ».
Seulement 28 exemplaires de ce modèle furent fabriqués par Rickenbacker en 1958. Ceux qui n’étaient pas encore vendus fin 1958 - début 1959 furent modifiés en remplaçant la configuration 2 potentiomètres / 1 switch par 4 potentiomètres / 2 switches. On a longtemps pensé que cette guitare était en érable, mais en réalité le corps et le manche sont en aulne. Le magasin Musikhaus Rotthoff à Hambourg où John a acquis cet instrument a vraisemblablement ramené cet exemplaire du salon de New York 1958 avant de le lui vendre. Le prix en était de 100 £ en 1960, mais comme il était resté deux ans en démonstration dans le magasin, John l’a certainement payé beaucoup moins cher.

- Dernière apparition publique de John avec sa Rickenbacker 325 Capri repeinte en noir et customisée lors du Ed Sullivan Show de 1964 : à noter les modifications du chevalet, du vibrato et des boutons de réglage par rapport à la photo précédente.
Les Capri font penser à des modèles thinline comme la 335 de Gibson. En effet, leur caisse est creuse et elles ont une épaisseur réduite qui les classe dans cette catégorie. Néanmoins, fidèle à sa réputation de franc-tireur, Rickenbacker se démarqua de ses concurrents par certaines caractéristiques - table relativement épaisse, barrages lourds, ouïes réduite à la portion congrue - si bien que l’on pourrait presque ranger ces intruments au département des solid-bodies. La série Capri était classée à l’aide d’une nomenclature chiffrée assez complexe allant de 310 à 375. Les modèles de 310 à 325 avaient un diapason réduit, ceux de 330 à 345, un diapason normal et une ornementation "deluxe". A l’interieur de chaque série, les modèles, désignés par des numéros espacés de cinq unités (par exemple : 310, 315, 320), se distinguait par leur nombre de micros et la présence ou non d’un vibrato. Rickenbacker, qui est un petit constructeur si l’on en considère l’ensemble de sa production, a eu néanmoins une influence importante sur le monde de la guitare. Ne pas oublier qu’Adolph Rickenbacker est celui qui a inventé la guitare électrique en 1931 (la fameuse « Frying-Pan).









